«L’animisme avait donné une âme à la chose, l’industrialisation transforme l’âme de l’homme en chose»
Theodor Adorno & Max Horkheimer. Dialectique de la raison, Paris, Gallimard, 1974, p. 44.
C’est reparti de nouveau, rien de neuf cependant.
Je repars; vers quoi? Who knows?
Repartir c’est un grand mot, toujours faudrait-il que j’aie parti quelque chose…
Rien, si si… Rien. C’est comme ça que je définirais ma dernière tentative.
Cette tentative se résume ainsi: je suis venu, j’ai rien fait, je n’ai même pas le mérite d’avoir échoué puisque je n’ai littéralement rien fait!
Pourquoi présumerais-je que ce serait meilleur cette fois?
Cette prétention ne m’habite pas ou en fait très peu… je tenterai de faire mieux, mais, n’ayant aucun public, je n’ai pas de principe d’espérance.
Quoi penser de tout ce déblatérage alors?
Tout ou rien, j’aspire à des réflexions sur l’idée de totalité et des idées sur la réflexion du néant.
Si vous voulez me juger, faites-le, mais je vous en prie: juger moi sur ce qui serait juste.
Je m’exprime: ma volonté de réflexion est d’emblée aporétique, il serait injuste de me juger sur le fait que mes reflexions puissent être, à prime abord, contradictoire. Tout comme il serait injuste de vouloir me prendre sur le manque flagrant de conclusions que de telles réflexions engagent d’elles-mêmes.
Le titre de ce calepin me semble bien choisi: Se souvenir que l’oubli existe. Si je n’ai pas lamentablement oublié ce qui est en jeu, le souvenir de l’existence de l’oubli est l’idée antique que ce faisait les grecs de la possibilité d’une vérité. Si vérité il y a, toujours peut-elle sombrer dans l’oubli; tout oubli est porteur de quelque chose dont l’anamnèse nous serait gravement utile; tout comme l’idée que la vérité ne s’épuise pas dans le fait. Mais que la quête de vérité s’épuise dans l’oubli, ce qui la rend elle-même inépuisable.
Ce calepin de réflexion ne caresse pas de hautes ambitions, il désire questionner, affirmer, provoquer afin de pouvoir éventuellement réfléchir de nouveau.
Lorsque vous lirez ceci, pensez que l’Être dans son sens profond n’a jamais été autant en danger. Il est dès lors ridicule, selon moi, de se départger la pensée dans une volonté de puissance prise dans son sens vulgaire. Si l’interrogation vous frappe sachez que c’est parce qu’elle m’assomme de manière simultanée.
