Vendredi, avril 4, 2008...2:55
M’oublier
«Il ne savait jamais où s’arrêter; il s’embourbait toujours dans les fondrières et les marécages de la métaphysique, la religion, la mythologie et finissait par tout réduire à du pipi de cheval.»
Henry Miller, Big Sur et les Oranges de Jeronimus Bosch, 1959.
J’ai une soif, de celles qui voudraient avaler le monde sans le recracher. Ma tête m’arrache les espoirs, mes cheveux tombent, je gémis des médisances sur ce que je crée et ce monde qui m’a enfanté. Je me sens méprisé sans savoir que je le suis; je spécule les soupçons sur ceux qui dans leur hypocrisie bucale disent m’aimer. Pourritures: vous sentez le fumier!
Il n’y a aucune différence entre le verbe être et le verbe suivre conjugués à la première personne du singulier à l’indicatif présent. Ce n’est pas une lacune de la langue française: être c’est toujours suivre quelque chose. Comme j’aimerais pouvoir rompre ce fil qui m’attache: explorer l’animalité sans remords.
«The suicide sprawls on the bloody floor of the bedroom,
I witness the corpse with its dabbled hair, I note where the pistol has fallen.»
Walt Whitman, «Song of Myself», Leaves of Grass, 1855.

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