Dimanche, avril 6, 2008...7:31

Brain Dead

Jump to Comments

Hier matin, j’étais convoqué à l’école pour assister à un cours du samedi (modulation de rattrapage de la grève.)* À la fin de la rencontre, le professeur nous invita à un colloque au nom de notre insocialble sociabilité car, selon ce principe, l’être humain agirait selon ses instincts et les principes moraux qu’il aurait reçu. En bref, il y avait un buffet et des discussions sur la philosophie et entres autres une conférence donnée par Jacques Bouveresse animée par Normand Baillargeon. J’y suis allé pour deux principales raisons: je savais que mes frais afférents avaient payé ce buffet, alors il était normal que j’aille en réclamer ma juste part, aussi parce que le nom de Bouveresse me disait quelque chose (rien de très bien) et j’étais curieux.

Ma surprise ne fut pas grande: cette conférence était quand même organisée par le département de philosophie de l’UQAM (entendre analytique) et le conférencier qui n’était pas présent mais en communication téléphonique disait des choses inaudibles (l’UQAM étant trop pauvre pour permettre à une trentaine de personnes de pouvoir entendre convenablement un professeur du Collège de France). De ses propos, je n’ai qu’entendu des Wittgenstein par-ci, des Carnap par-là et des Russell une ou deux fois. Mes sentiments n’étant pas très favorable à ce genre de philosophie, j’aurais pu être ouvert au discours, mais je n’ai strictement rien entendu sauf le ressassement des personnalités cultes de la philosophie analytique. Et les questions qui ont suivi la conférence? Soit des questions à demi affirmative qui essayaient de sortir du cadre de la philosophie analytique, soit des questions d’une insignifiance absolue: «La philosophie change-t-elle la vie?» Question posée par un philosophe à un philosophe, dans l’autoréférencialité on a rarement vu aussi flagrant.

La suite du colloque était une discussion autour du sujet: Quelles sont les fonctions de la philosphie? (Le mot fonction me donne des frissons…) Les panélistes étaient clairement divisés: les analytiques d’un bord et les continentaux de l’autre. Le tout avait l’air d’un épisode de Il va y avoir du sport! Bien que j’étais très peu d’accord avec ce qui était affirmé, j’avais surtout mal à tolérer le niveau de la discussion: un directeur de département qui rejette un argument en disant que la «comparaison est boiteuse, ça n’a pas de sens, beurk!» ne peut (et ne doit) pas être pris au sérieux en aucun cas. Ces gens ont le poid de démontrer la puissance que peut incarner la philosophie dans le monde et préfèrent se prélassé dans une liquide insignifiance nous rapprochant du degré zéro de la réflexion, interminable flux inutile dans lequel ils nous traînent de force du moment ou nous commençons à les prendre au sérieux.

Si c’est bien cela l’institution, vouloir la sauver n’en vaut pas la peine; elle crée plus de mal qu’elle en empêche.

Makzd. Civilization-splinter, 2006.

____________________

* Contrairement aux grèves ouvrières, il semblerait que les grèves estudiantines s’exposent à des mesures de rajustement de la «production».

Un commentaire

  • nos frais afférents ont aussi à payer le temps précieux de Jacques Bouveresse, parasite analytique à temps plein du Collège de France, dans la chaire qu’occupa voilà quelques décades Michel Foucault - qui se serait bien marré d’une question comme “quelles sont les fonctions de la philosophie ?”

Laisser un commentaire