Mardi, avril 15, 2008...10:05

Sonata Quasi una Fantasia

Jump to Comments

Il y a de ces morceaux de musiques qui donnent la chaire de poule à chaque écoute. Dans mon cas, il y a Painted Paint it Black des Rolling Stones et La sonate pour piano n°14 en do dièse mineur, opus 27 n°2 de Beethoven - mieux connue sous le nom de Sonate au clair de lune ou Sonate à la lune.

À l’écoute de cette seconde pièce, c’est inévitable, à chaque fois j’ai le frisson, les perspectives spatiales se transforme autour de moi: mon appartement semble plus grand, plus lumineux, les murs deviennent flexibles et transmutables.

Je lisais récemment que Beethoven avait lui-même nommée cette sonate Quasi une fantasia dans le but d’expliciter sa volonté de s’émanciper de la forme sonate classique, sans la renier. Je ne suis vraiment pas un grand spécialiste de la musique, au contraire, mes oreilles sont assez peu ajuster à remarquer la présence des sujets et des contre-sujets, mais avec cette pièce j’ai l’impression de vivre cette volonté d’émancipation de la forme sonate vers son dépassement: c’est corporel, c’est jouïssif, du mouvement et de l’étalement. Jamais je ne pourrais être un scolarisé de la musique, ce que je regrette un peu par ailleurs, mais je sens de plus en plus que j’ai la volonté de vivre la musique.

Depuis quelques mois, j’écoute des compositeurs issus de la Seconde école de Vienne - mon intérêt pour Theodor Adorno m’a poussé dans cette direction - depuis je fréquente musicalement Alban Berg, Arnold Schönberg et Anton Webern. Ce que j’en dégage ne sont que de simples considérations de piètre qualité, mais elles me sont importantes: avec le dodécaphonisme, il me semble que devient tangible l’idée de malaise dans la civilisation (culture); cette musique n’est ni négatrice, ni optimisme ou outrageusement pessimiste. Au contraire, elle est empreinte d’un réalisme tout particulier, du réalisme du négatif; c’est là toute sa grandeur…

D’ailleur, il y a un livre d’Adorno qui inciste sur la nécessité de s’émanciper de la forme sonate pour passer vers la «nouvelle musique». Ce livre est intitulé Quasi una fantasia

À vous de faire le lien…

Theodor Adorno, date inconnue.

Un commentaire

  • absolument d’accord, quoique Beethoven ne soit pas ma tasse de café, cette sonate possède une aura particulière. sinon, il me semblait que peindre en noir était une injonction plus qu’un constat - Paint it black .

Laisser un commentaire