Au Québec, une attachée politique est enlevée et… aucune revendications politiques!
C’est triste à mourir, si vous n’avez rien à faire avec la vie de quelqu’un laissez lui le plaisir de ne rien faire avec sa propre vie, ne le faites pas à sa place. Bon ça y est; je deviens moraliste, qu’on me pardonne.
En espérant que mort ne s’en suive pas.
Edit: J’ai appris le décès de la dite attachée politique, tout cela est navrant!

5 commentaires
Dimanche, mai 18, 2008 à 18:32
Tu veux plutôt dire moralisateur, pas moraliste!
Écrire « moraliste », ce serait comme si c’était un passage à la La Bruyère ou La Rochefoucauld, alors que les moralistes n’ont rien à voir avec les moralisateurs. Les moralistes sont de grands analystes de l’âme humaine, ils ne font pas la morale. Enfin, tu es au courant de la différence entre les deux, toi qui connais bien Minima Moralia.
Mais si tu as envie de devenir vraiment moraliste, alors lâche-toi lousse! Je serais heureuse de lire tes morales.
Dimanche, mai 18, 2008 à 19:13
Je dois avouer que si je sentais qu’il y avait une différence sémantique entre moraliste et moralisateur, je ne connaissais pas l’intéressante distinction dont tu me fais part.
J’aime bien Minima Moralia, mais c’est une oeuvre que je connais tout de même très peu, je l’ai lue deux fois et malgré que j’aie voulu lire ce livre de manière philosophique, j’ai, à chaque fois, fini par me laisser emporter par la prose magnifique d’Adorno. Bref, il y a de ces oeuvres que le philologue doit oublier de mettre dans son étau!
Merci de tes commentaires,
L’Amnésique
Lundi, mai 19, 2008 à 08:23
Remarque que tu n’étais pas tout à fait dans l’erreur puisque Bob inclut dans sa définition celle que tu lui prêtais mais quoiqu’elle soit acceptée, je crois que dans l’usage, on désigne spécifiquement cette tradition littéraire et philosophique dans laquelle Adorno s’est inscrit par son titre.
Puisque tu avais écrit à quelques reprises sur Adorno et que, règle générale, on en dit toujours moins que plus sur les blogues, j’ai présumé que tu partageais une certaine intimité avec Adorno. Il me semble que le fait que tu aies déjà lu cette oeuvre deux fois suffit à confirmer mon intuition.
Hélas, le terme « connais » était peut-être mal choisi dans la mesure où à l’université, on entend toujours « connaître » comme « être spécialiste de ». Mais je m’entête malgré tout à l’utiliser parce que je déplore qu’on réduise de la sorte le sens de « connaître ». On connaît, à mon avis, une oeuvre d’abord par une longue et profonde fréquentation de celle-ci, en la lisant et en écrivant à son sujet. On peut aspirer à devenir spécialiste – si tel est son désir! – ou atteindre un autre niveau de compréhension en développant cette première forme de « connaissance » puis en lisant des textes qui portent sur celle-ci. Enfin, c’est ainsi que je conçois la chose! Et je crois que si l’université est souvent dépourvue d’âme, c’est que les gens ne considèrent pas que cette première forme de connaissance dont je te parle est essentielle, qu’ils se limitent à la deuxième.
et malgré que j’aie voulu lire ce livre de manière philosophique, j’ai, à chaque fois, fini par me laisser emporter par la prose magnifique d’Adorno. Bref, il y a de ces oeuvres que le philologue doit oublier de mettre dans son étau!
C’est drôle comment les gens en sciences humaines – même les meilleurs d’entre eux – pensent toujours que lorsque l’esthétique surgit, le sens disparaît, comme si le style (qui ne signifie pas « faire beau », loin s’en faut!) ne portait pas en lui-même un contenu philosophique et autre… Il faudrait que j’élabore bien davantage mais malheureusement je dois filer au boulot. Enfin, ce n’est pas tant un reproche que je te fais qu’une mise en garde – si je puis me permettre une telle chose. Sous le couvert d’une admiration, cette attitude s’avère souvent, au fond, assez méprisante.
Lundi, mai 19, 2008 à 08:59
J’en suis aux dernières heures d’une fin de session qui me laisse proche de l’agonie. Dès que j’aurai un peu plus d’énergie je répondrai à cette très juste mise en garde.
Merci,
L’Amnésique
Lundi, mai 26, 2008 à 12:05
Loin de moi l’idée de vouloir exprimer que lorsque l’esthétique apparaît le sens prend la porte. En fait, j’aurais plutôt tendance à croire le contraire: l’effort mis par un auteur sur cet aspect de son oeuvre permet à la fois une explosion de sens (par multiplication des sens ou par magnification d’un sens).
Ce que je voulais exprimer à propos de mon rapport à Minima Moralia c’est que c’est une oeuvre qui fourmille de références à la littérature (certaines évidentes, d’autres pas du tout), c’est ce côté que j’ai délaissé lors de me lectures. J’ai préféré me laisser emporter par le rythme et la prose de l’oeuvre que de tenter de cerner tous les liens qui sont à faire. Cependant, je ne crois pas que cet exercice qui consiste à appronfondir les appels faits à l’extérieur du texte comme étant lié à la connaissance de «spécialiste» dont tu fais mention. Pour comprendre une oeuvre, il est utile de comprendre pour qui elle est écrite et contre qui elle est écrite. À cet égard, Minima Moralia n’est ni plus ni moins un labyrinthe. C’est de ce labyrinthe que je connais très peu de chose, mais aussi ce à quoi il réfère: je ne connais que très peu Gœthe, Hegel, Kierkegaard, Schiller, etc.
Peut-être suis-je méprisant, parfois, mais je ne crois pas que ce soit à ce niveau… mais encore là, je suis bien piètre juge de moi-même. À vous de me le dire!
Au plaisir,
L’Amnésique