Mercredi, octobre 1, 2008...13:01

Une phrase qui vaut mille images

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Il n’est pas rare de considérer À bout de souffle comme étant le film de la Nouvelle Vague. Scénario de François Truffaut, réalisation de Jean-Luc Godard, production de Georges de Beauregard. Aujourd’hui, il est à la fois facile et difficile de comprendre ce qui faisait de ce cinéma un cinéma révolutionnaire. Facile, car les thèmes qui y sont abordés sont dérangeant et provoquant, tout comme l’est le jeux des acteurs. Difficile, car souvent les personnages sont clos, impénétrables et par là toujours un peu ancré dans la caricature.

Je dois admettre que j’ai également un rapport problématique avec cette Nouvelle Vague: elle est à la fois libératrice et contrainte. Elle représente ce que Pasolini appelait le «devenir petit-bourgeois du monde». Une esthétique un peu chaotique, mais qui  à chaque fois qu’elle ouvre le rêve , elle l’ouvre sur le fétichisme de la marchandise. Des apartés destinés à froissé le public pour faussement augmenter le degré de provocation, etc. Ce sont là tous des éléments qui m’irritent dans les oeuvres de Godard et al. D’ailleurs, pour l’annecdote, les Situationnistes ont dénoncé la Nouvelle Vague dans un célèbre graffiti en 1968: «Godard le plus con des Suisses pro-chinois.»

Acte parricide? Probablement, mais pas tout à fait, je ne sais pas!

Dans le film À bout de souffle, il y a une phrase à la fois magnifique et détestable qui, je crois, souligne très bien la volonté éthique et esthétique de cette vague. Elle est à proprement parler une phrase invoquant mille images:

« – Quelle est votre plus grande ambition dans la vie?
- Devenir immortel…et puis…mourir.»

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