Il y a bien longtemps que je ne suis venu m’exposer ici; l’été m’incite à de nombreux comportements qui n’ont rien à voir avec la routine habituelle. Appelez ça de la schizophrénie si vous voulez, n’empêche que je garde certaines régularités dans mon écriture qui changeant de média, change de contenu et de forme.
Parlant de forme, il est depuis longtemps évident que j’ai misérablement failli à attribuer une forme convenable à ce carnet qui n’a jamais été à la hauteur de mes ambitions qui, pourtant, ne sont malheureusement pas extravagantes.
Pour la poignée de personne qui, de façon périodique, vient posé ses yeux sur les lignes que je pose ici je ne veux rien promettre, mais j’ose tout de même annoncer des changements desquels je n’ai encore aucune image, ni imagination, mais de nombreux désirs d’animations.
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Avant hier, sans trop savoir pourquoi, brusquement, j’ai abandonné toute activité en cours pour regarder la bibliothèque dans ce pseudo nouvel appartement bientôt ancien, sans trop le savoir pourquoi je saisi un livre de Kundera. Jadis, j’avais lu L’insoutenable légèreté de l’être, j’en ai gardé un souvenir flou mais agréable; un plaisir dispensable, mais pas nécessairement dépourvue de tout signifiance. Maintenant, j’avais dans les mains L’ignorance et j’aurais été bien mal placé pour expliquer pourquoi je commençai alors que tant de tâches m’interpellaient.
Il y a des moments comme ça, où l’on reste une peu ébahi parce qu’une impression d’être pris en charge par une force demeurant inconnue. Il y a des moments où j’appelle ça du hasard, d’autres où c’est si perplexant que je ne trouve pas les mots pour exprimer sans me résigner à utiliser ce terme, trop paradoxal, de destin.
Les mots de Kundera me firent cet effet; dans la légèreté qui est la sienne, propice à être apprécié en canicule lorsque la concentration flanche au fur et à mesure que le thermomètre grimpe; ses mots me firent un baume de fraîcheur. Dans une incroyable simplicité, il expose à travers sa narration tant de points d’ombres que depuis longtemps j’essaie de clarifier sans avoir réussi à mettre de l’ordre dans ce fatras. Ce n’est pas miraculeux, mais c’est comme rencontrer quelqu’un qui vous dit ce que vous avez voulu vous dire depuis un certains temps déjà. Il l’expose à sa manière conservant la nécessaire distance afin que le mouvement de la réflexion reprenne sens et que sa destination soi de nouveau mienne.
Ce matin, je suis empli d’une puissance nouvelle; je cesse d’emprunter du temps à l’avenir tel le gambler au créancier, je réalise l’avenir au présent, tout ce que je me dis que je devrais faire je ne le relègue plus aux calendes grecques; j’ai enfin envi de passer à l’action.
Ce qui veut dire: À bientôt!

2 commentaires
Vendredi, août 7, 2009 à 15:42
Cher ami,
Heureux de voir ta plus dans l’univers virtuel du web encore une fois. Comme tu l’as constaté, je n’ai pas eu la chance de t’écrire par voie traditionnelle.
Pour ce qui est de donner forme à nos carnets virtuels, tu sais autant que moi que c’est une tâche quelque peu difficile que d’avoir une plume constante sur ce médium. Je soupçonne que c’est la structure même du blogue qui fait que le maintenir est particulièrement difficile sans dériver dans le dévoilement de l’intime et du privé. Il y a, aussi, de toute évidence, ceux qui mettent des cochonneries sur leur blogue vide de contenu et de sens. L’effort de continuer à écrire et de donner une forme un peu plus sensée à ce médium contribue à le transformer, cependant et lui doner un sens. Ça donne aussi un sens à notre plume.
Pour ma part, je n’ai pas lui Kundera depuis longtemps. Mais je dois avouer que tu m’as donné le goût de relire ce dernier.
Porte toi bien et on se revoit très bientôt.
Amitiés
Samedi, août 8, 2009 à 13:10
Cher Gentleman Boxer,
Je suis tout à fait en accord avec toi sur la difficulté de donner une forme aux carnets virtuels qui ne soit pas liés à sa «préformatisation» structurelle.
Je crois qu’à cet égard, si ma visé à faire du carnet un espace plus public que privé, d’y mettre de la fiction est peut-être la voie que je tenterai d’explorer tout doucement.
Au plaisir de te revoir,
Amitiés,
L’Amnésique