Jeudi, août 13, 2009...13:35

Un dernier regard sur toi

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Depuis près d’une semaine maintenant, mes promenades dans Bruxelles deviennent de plus en plus étranges. Cette ville où j’ai mis un an à découvrir et connaître les grandes lignes pour m’y repérer et le petits coins agéables pour m’y reposer, m’apparaît désormais différente; des bâtiments plus discrets se révèlent à mon regard, de nouveaux détails architecturaux ou urbanistiques me heurtent comme de nouvelles évidences.

Juste avant le jour appréhendé de mon départ, je réalise que cette ville est presque plus mystérieuse maintenant qu’elle ne l’était au départ. Au tout début, elle était cette inconnue dont je voulais arpenter le corps, épouser les formes, connaître les atouts, dominer les points de vues. Comme cette quête initiale, et à maints égars initiatique, s’accomplit assez aisément, Bruxelles devenait familière tout en restant enchantée; animée elle l’était de sa propre impulsion constamment renouvelée, conatus d’une ville morcelée dans une unité confuse et en mouvement constant. Son identité est fluide sans être liquéfiée, la vie y peut être lente; pour celui qui est à lui-même son propre guide, pour l’autonome, le quotidien est assurément agréable.

Son mystère, pourtant, prospère, son verni ne s’effrite pas devant les yeux des trop curieux; son histoire, les gens qui y ont vécu et qui l’ont transformé laissent des indices ici et là dans une totalité à la fois chaotique et malgré tout porteuse de significations.

Demain, je glisserai dans tes rues avec les yeux écarquillés d’un enfant sachant qu’il fera la connaissance de la nostalgie; de la douleur du retour. Je poserai mon regard sur toi et tu te révéleras encore renouvellée, rien ne m’echaperas sur le présent afin de te laissé sombrer doucement dans le flou de mes souvenirs.

Un dernier regard sur toi dans une ultime danse où je me saoulerai de tournoyer dans tes bras avant de te quitter.


Un commentaire

  • Un seul et unique mot me vient à la bouche.
    Jaloux !
    Oui j’ose vous le dire, je suis jaloux. Douloureusement jaloux de ce don qui vous anime et, qui vous fait écrire aussi bellement les plus anodines choses de la vie.
    Oui très cher X, moi qui vis à Bruxelles depuis 1963, habitué sans doute parce que distrait je la vois vieillir, jour après jour, mois après mois, sans ne plus compter les années…
    Hélas ! Je ne la perçois plus ainsi.
    Mais qu’importe ! Vous me la rappelez telle qu’elle le fut jadis ; belle, mystérieuse, peut-être, par moment, un peu farouche aussi.

    José.


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